La pêche

Situé sur un des axes majeurs de la pêche en mer, le Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel héberge le port d’Erquy intégrant une criée, l’une des 3 criées du département des Côtes-d’Armor. Classé à la 4ème place en valeur et 7ème en tonnage au niveau national, ce port est d’une importance capitale pour l’économie locale. Il fait vivre plus du tiers de la population de la commune, soit 1400 emplois directs.

Par ailleurs il perpétue une histoire maritime ancienne qui a su s’adapter et perdurer jusqu’à aujourd’hui. De taille humaine, le port d’Erquy façonne un paysage portuaire d’une belle intégration au pied des falaises de grès rose.

Deux grandes flottes de pêche

Bateau de pêche côtière au mouillage
Bateau de pêche côtière au mouillage
Bateau hauturier de l'Armement PORCHER à quai
Bateau hauturier de l'Armement PORCHER à quai

La particularité et la force du port d’Erquy réside dans la polyvalence de l’activité de pêche et de sa flotte, permettant aux marins et à la filière tout entière de travailler tout au long de l’année.

93 navires de pêches sont rattachés au port d’Erquy, y compris des navires du port de Dahouët et de Saint-Cast-le-Guildo. Ils représentent 60% de la flotte départementale. En fonction des caractéristiques des bateaux, on distingue deux types de pêche : la pêche côtière et la pêche hauturière.

La pêche côtière, dite aussi « artisanale », est celle qui se pratique le plus à Erquy, et représente une flotte de 80 navires. Comme son nom l’indique, elle se réalise le long des côtes, à plus de 3 milles nautiques (généralement 5 milles nautiques).

Les bateaux sont de plus petite taille que pour l’hauturier (moins de 20 mètres). Les techniques de pêche varient d’un navire à l’autre. Ils peuvent être spécialisés dans le chalutage, le dragage, les lignes ou les casiers selon l’espèce pêchée. La pêche se déroule de nuit ou sur 24 heures, et les zones de pêche sont attribuées le plus souvent par arrangements entre marins pêcheurs. Afin de préserver la ressource, les côtiers ont l’interdiction de pêcher dans les zones de frayage des poissons et crustacés, soit à 3 miles nautiques.

La pêche hauturière, ou pêche au large, se pratique sur des zones plus éloignées en mer que pour la pêche côtière, sur de plus grands bateaux faisant entre 20 et 25 mètres, et pour une durée plus longue de 2 semaines (avec une interruption rapide au bout d’une semaine pour le premier débarquement du poisson). Il faut 12 heures au navire pour se rendre sur la zone de pêche, qui se situe principalement dans la Manche, de l’île d’Ouessant au Cap Lizard, entre la Bretagne et l’Angleterre. La flottille de pêche hauturière est moins grande que la côtière, mais se développe progressivement et actuellement 12 navires sont hauturiers à Erquy. La technique utilisée est le filet trainé sur le fond des mers, ou chalut de fond. On nomme également ces navires des chaluts hauturiers.

 

Info complémentaire : selon des règles propres à chaque port, les navires qui débarquent à Erquy peuvent provenir d’autres communes, comme ceux de Saint-Brieuc (immatriculés SB), Paimpol (PL), ou même Saint-Malo, mais la règle veut qu’un débarquement se prévoit à l’avance entre le navire et le port, et qu’il n’est pas possible de changer de destination au dernier moment sauf cas extrême (avarie, tempête).

Espèces pêchées et technique

La Manche, la configuration des côtes des Côtes d’Armor, et la proximité de la baie de Saint-Brieuc font de l’espace marin du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel un puits de ressources naturelles qui bénéficie d’une grande diversité d’espèces. La flotte d’Erquy a su s’adapter à cette diversité en créant des navires polyvalents, équipés pour la plupart de tout le matériel nécessaire aux différentes pêches, ce qui fait la singularité de la flotte d’Erquy. En 2011, 11 925 tonnes de pêche ont été débarquées, et plus de la moitié était représentée par des poissons, le reste se composant de coquillages, céphalopodes, et crustacés. Quelques chiffres et espèces :

  • 6 600 tonnes de poissons (Grondin, Lotte, Tacaud, Raie, Congre, Saint-Pierre, Eglefin) (55%)
  • 4 000 tonnes de coquillages (dont CSJ 2 850 soit 71%, puis par ordre décroissant Amande, Palourde, Praire) (33%)
  • 1 300 tonnes de céphalopodes (Seiche, Encornet) (10%)
  • 25 tonnes de crustacés (Homards principalement, Araignées et Tourteau en prise supplémentaire) (0,2%)

 

A chaque espèce correspond une technique de pêche :

Les poissons sont capturés à l’aide de filets ou de lignes, appelées aussi palangres. Les filets peuvent être de forme conique, alors appelé chalut, ou de forme droite, alors appelé filet. Les chaluts sont souvent adaptés pour des pêches au large, volumineuses et nécessitant une grande puissance de traction ; on appelle ces navires des chalutiers. A Erquy la majorité des navires dispose d’un chalut, mais sur les 93 bateaux seuls 13 sont des chalutiers hauturiers. Ces mêmes filets peuvent aussi récupérer d’autres espèces comme les crustacés ou les céphalopodes. Les palangres sont de longues lignes, posées horizontalement à la surface ou sous la surface de l’eau, sur lesquelles sont fixés à intervalles réguliers des hameçons.

Les coquillages, en l’occurrence majoritairement la Coquille Saint Jacques, sont récupérés à l’aide de dragues qui, en raclant le sol de leurs dents, permettent de déloger et capturer les mollusques enfouis dans le sable. Au cours de ces pêcheries d’autres espèces peuvent être récupérées, comme les Amandes de mer, les Palourdes, ou les Praires.

Les crustacés et céphalopodes sont récupérés à l’aide de casiers, qui peuvent soit être posés au fond de la mer (pour les crustacés, qui marchent sur les fonds) soit être installés à mi-profondeur (pour les céphalopodes). La construction d’un casier est simple mais efficace : une armature sur laquelle est tendu un filet, formant une sorte de cage, avec plusieurs ouvertures en formes d’entonnoir. Les proies, attirées généralement par un appât placé à l’intérieur le casier, entre dans la cage par l’entonnoir sans pouvoir ensuite en ressortir. A Erquy, les casiers sont surtout placés en vue de capturer du homard, crustacé marin de grande valeur à la chair délicate et parfumée, mais les autres espèces sont les bienvenues, comme les araignées, les tourteaux, les crevettes ou les seiches. Ces casiers sont souvent reliés entre eux par une corde, mouillés en série.

Répartition des pêches dans l’année : les pêches s’étalent sur toute l’année, et suivent généralement cet échéancier : les poissons sont majoritairement prélevés en été, et les coquillages et céphalopodes en automne-hiver (jusqu’en mi-avril pour la Coquille Saint Jacques).

Bon à savoir ! En promenade en mer ? N’ayez crainte, tous ces dispositifs de pêches, filets, palangres, casiers, sont signalés à la surface par des bouées à pavillon.

Casiers à Céphalopodes ...
Casiers à Céphalopodes ...
Chalut de fond ...
Chalut de fond ...
Filets droits ...
Filets droits ...
Dragues à coquillages ...
Dragues à coquillages ...

La Coquille Saint Jacques : trésor de la baie et pêche durable

Débarque de Coquille Saint Jacques
Débarque de Coquille Saint Jacques
Drague à Coquille Saint Jacques
Drague à Coquille Saint Jacques

Symbole religieux, curiosité ornementale, monnaie d’échange ou produit de consommation, la Coquille Saint Jacques n’a cessé de susciter curiosité et intérêt depuis l’Antiquité. Très prisée des gastronomes et des adeptes des fruits de mer, sa chair tendre et délicieuse se déguste crue, cuite, seule ou accompagnée.

Avec ses 2 850 tonnes prélevées par an et ses 80 navires côtiers, le port d’Erquy est le plus grand port de pêche à la Coquille Saint Jacques en Côtes d’ Armor. La particularité de sa pêche réside dans la faible distribution de l’espèce sur la côte Atlantique et de la Manche, sur son écologie, sa technique de pêche, et sur la gestion durable du stock de la baie de Saint-Brieuc.

 

Ecologie : la Coquille Saint Jacques est un mollusque bivalve qui se nourrit de phytoplancton en filtrant l’eau de mer. Elle est sédentaire et vit sur des fonds meubles, entre 5 à 100 mètres de profondeur, constitués de sables, débris coquillers ou maërl, en s’y enfouissant à demi. Sa reproduction a lieu en été dans la Manche, lorsque la température de l’eau dépasse les 16 degrés. Hermaphrodite, elle contient une glande génitale, appelée aussi « corail » par la couleur rouge-orangé de la partie femelle, la partie mâle étant blanchâtre. Elle est adulte vers 2-3 ans, peut vivre jusqu’à 15 ans, et atteindre une taille maximale de 17 cm. Pour survivre, elle doit faire face à ses prédateurs et compétiteurs : les premiers sont les pieuvres, étoiles de mer, crabes, mollusques perceurs et certains poissons ; la seconde est la crépidule, mollusque invasif qui colonise très rapidement et de manière intensive tous types de fonds marins,  filtrant le plancton dont se nourrissent les autres coquillages et eutrophisant les fonds.

 

Le gisement exploité par les navires côtiers d’Erquy est le plus grand gisement de France, celui de la baie de Saint-Brieuc, qui représentait 55% de la production nationale en 1972, et s’étend sur 150 000 hectares. Le gisement fut estimé en 2010 par l’IFREMER à 27 500 tonnes. La pêche dans la baie de Saint-Brieuc se déroule en hiver, en dehors de la période de reproduction. La « noix » est alors dépourvue de sa glande génitale, appelée « corail », ce qui fait l’une des particularités de la Coquille Saint Jacques de ce site.

L’autre particularité, et non des moindres, réside dans la gestion raisonnée de ce gisement : dans le but de préserver le stock, une très forte réglementation a été progressivement mise en place, alliant professionnels de la pêche et scientifiques de l’IFREMER. Après étude scientifique annuelle du gisement, les quotas de pêche sont distribués par le CRPMEMB qui délivre des licences spéciales. A bord des navires la réglementation est stricte : la pêche se déroule sur un temps court (45 minutes par sortie, 2 journées par semaine), avec des outils réglementés, comme par exemple les dragues qui ne doivent pas dépasser 2 mètres de large, avec un maximum de 20 dents chacune. La surveillance s’effectue à l’aide d’une police aérienne, maritime et terrestre.

Cette gestion durable permet ainsi une régénération naturelle, sans besoin de l’apport d’ensemencements artificiels, et permet ainsi d’envisager la pêche à la Coquille Saint Jacques sur le long terme, favorisant la pérennité des emplois locaux et le respect de la ressource naturelle.

 

Infos complémentaires :

En France, les deux tiers des Coquilles Saint Jacques sont importées, principalement d’Amérique du Nord et du Japon. Il existe 2 espèces en France : Pecten maximus en Manche et Atlantique, et Pecten jacobeus en Méditerranée.

Des visites de la criée pour en savoir plus ...

A chaque période de vacances scolaires, tous les mardis matin, le Grand Site Cap d'Erquy - Cap Fréhel propose des visites de la criée d'Erquy, l'occasion de découvrir une filière ...

Si la coquille St-Jacques reste la reine de la baie de St-Brieuc, tous les matins, le poisson ramené à quai fait l’objet de toutes les attentions. Et tout va très, très vite. Triés, pesés, étiquetés, les St-Pierres, rougets et autres roussettes se soumettent au rituel de la vente à la criée. Après avoir découvert la criée, les bateaux de pêche et le port, le travail du mareyeur, le vivier, l’aquarium, les engins de pêche… vous saurez reconnaître le poisson frais du merlan frit!

Tous publics - Durée: 2h - Payant - Réservation obligatoire - Prévoir des vêtements chauds
RDV: 6h30 - devant les grilles d'entrée du parking de la criée, au port (Erquy)

Pour connaitre les prochaines dates, cliquez ici.

Retour haut de page