Les falaises rocheuses

Le Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel présente sur son littoral des falaises majestueuses pour certaines hautes de 70 mètres. Subissant les assauts répétés de la mer, la vie au sein des falaises s’adapte et s’organise. Aux frontières de deux environnements différents, le milieu aquatique et le milieu aérien, la falaise maritime, zone de transition, est un milieu d’une grande richesse auquel de nombreuses espèces animales et végétales sont strictement inféodées.

Un environnement difficile ...

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Les falaises du Cap Fréhel
Les falaises du Cap Fréhel

Les conditions de vie sur les falaises maritimes sont difficiles. Appelée étage aérohalin, la falaise n’est jamais immergée mais est soumise à des vents dominants souvent chargés d’embruns salés qui aspergent la frange littorale et influencent les peuplements végétaux. La nature de la roche, l’orientation et la géomorphologie de la falaise déterminent des zones sur lesquelles les végétaux ou les oiseaux marins pourront ou non s’installer.

Des lichens à tous les étages ...

Lorsque l’on scrute attentivement la paroi rocheuse, on constate la quasi-omniprésence des lichens, taches colorées encroûtantes. Ces lichens sont des organismes vivants issus de la symbiose entre une algue et un champignon. Cette association, plus qu’amoureuse, forme un organisme capable de coloniser des milieux extrêmes.

De bas en haut, on devine, grâce à leur teinte particulière, la diversité des lichens. En pied de falaise, le thalle foliacé jaune de Caloplaca marina, fait place à une teinte généralement plus gris verdâtre des Ramalina ou vert pâle de Pertusaria rupicola. Au total, c’est plus d’une soixantaine d’espèces qui vont se succéder ou se côtoyer en fonction de l’ensoleillement ou de la présence ou non de déjections d’oiseaux.

Une flore particulièrement bien adaptée …

Les falaises, sous l’influence presque permanente des embruns salés, développent une végétation spécialisée dite halophile. Ces plantes ont mis en place diverses adaptations parmi lesquelles la plus remarquable et la plus constante est la succulence des parties aériennes. Autre adaptation surprenante, ces plantes développent, parfois de manière considérable, des racines qui leur permettent d’une part de s’ancrer solidement, et d’autre part d’aller chercher eau et substances nutritives à de grandes distances. Pour finir, elles sont souvent affectées par un phénomène de nanisme lié aux conditions climatiques extrêmes qu’elles subissent.

Sur les pentes abruptes des falaises, dans les crevasses dépourvues d’humus vivent une dizaine d’espèces telles que le perce-pierre, la spergulaire des rochers ou une petite fougère, la doradille marine.

Dès que le sol devient plus profond, des pelouses apparaissent avec des espèces comme les fétuques, le silène maritime, le gazon d’Olympe, le lotier corniculé ou le trèfle occidental. A la base des pelouses et au voisinage des pointes rocheuses, on observe des plantes au feuillage rondi : le nombril de Vénus, souvent associé au plantain corne-de-cerf et à l’orpin d’Angleterre.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Trois plantes affectionnant les falaises rocheuses
Trois plantes affectionnant les falaises rocheuses

Une espèce sous surveillance : le séneçon cinéraire …

Plante initialement ornementale, la cinéraire maritime n’est pas encore considérée comme une plante invasive. Les plantes invasives sont des espèces d’origine étrangère introduites volontairement ou non par l’homme dont la prolifération entraîne des dysfonctionnements et des dommages sur l'environnement. Cependant, sur certains sites comme Gâvres Quiberon, elle fait l’objet d’un arrachage pour limiter son invasion. En effet, le risque serait de voir se développer un peuplement mono spécifique de cinéraires réduisant la biodiversité du milieu. Plante à suivre …

Un milieu favorable pour les oiseaux marins …

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Site ornithologique du cap Fréhel : la fauconniere
Site ornithologique du cap Fréhel : la fauconniere
Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Colonie de Guillemots de troïl
Colonie de Guillemots de troïl
Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Cormorans huppées et goéland argenté
Cormorans huppées et goéland argenté
Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Mouettes tridactyles
Mouettes tridactyles

 

 

Un des aspects les plus attractifs de nos falaises est leur utilisation par l’avifaune. Le cap Fréhel constitue un des sites les plus célèbres de France. Il possède des colonies, parfois très importantes numériquement, d’oiseaux marins nicheurs. 

 

 

 

 

Le Guillemot de Troïl niche dans les falaises verticales. En 2010, environ 270 couples ont été recensés. Ils ne construisent pas de nid et pondent un œuf unique, piriforme (en poire) qui l’empêche de rouler sur une pente. Les falaises du Cap Fréhel abritent près de 80% de l’effectif nicheur de cette espèce en France. De la même famille, on peut observer le Pingouin torda. Beaucoup moins nombreux (5 couples recensés en 2010 soit 12% de l’effectif Breton), il se distingue du Guillemot de Troïl par sa silhouette plus trapue et son bec écrasé orné d’une ligne blanche.

 

 

 

A proximité, les Goélands et les Cormorans, incontournables oiseaux marins, nichent sur les îlots de la Fauconnière. Reconnaissables par leurs cris ou leur étrange posture, ils constituent des colonies facilement observables, riches en enseignement.

 

 

 

 

Les falaises sont également, des sites privilégiés pour étudier les oiseaux pélagiques (= vivant en haute mer) qui s’approchent des rivages pour réaliser leur reproduction. Ainsi, la Mouette tridactyle ou le Petrel fulmar sont fidèles, chaque année, aux falaises du Cap Fréhel. Il est à noter que la colonie de mouettes tridactyles du Cap Fréhel est l’une des deux dernières en Bretagne suite à la forte régression de cette espèce.

 

Et les falaises limoneuses ?

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Falaise limoneuse de la Ville Berneuf
Falaise limoneuse de la Ville Berneuf

Sur le Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel, il existe des zones littorales où des falaises limoneuses sont présentes, notamment entre le site de la Ville Berneuf et la plage des Vallées, près des Grèves d’En-bas et de la Ville Men sur la commune de Plévenon, ainsi que dans la baie de la Fresnaye. Sur ces falaises, la vie est assez limitée du fait d’un recul rapide. En effet, les limons, relativement meubles, s’érodent plus facilement. Il s’agit néanmoins d’un biotope favorable aux espèces animales qui édifient des terriers comme les insectes hyménoptères ou les hirondelles de rivage.

Côté imaginaire !

Le long de la côte, on observe au pied des falaises des cavernes ou grottes, auxquelles on donne le nom de "houles" ou, plus rarement, de "goules". Nombre de légendes se rattachent à ces lieux accessibles uniquement par la mer et visibles le plus souvent à marée basse quand l’entrée de la grotte se découvre.

Les femmes les plus âgées du pays pensaient réelle l'existence des fées des houles : On raconte que ces grottes étaient habitées par des personnages surnaturels qui jadis se montraient assez souvent aux habitants du rivage, et avaient même parfois une réelle influence sur leur vie.

On raconte également qu’après la disparition des fées, ces espaces devenus inoccupés ont été utilisés par des contrebandiers de toutes sortes. Pour éviter de payer les taxes, ils déposaient, dans la nuit, une partie de leurs marchandises dans les houles, puis venaient les récupérer quelques jours plus tard.

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Houle du cap fréhel à marée haute ...
Houle du cap fréhel à marée haute ...
Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Houle du cap fréhel à marée basse.
... à marée basse.
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