Les estuaires

Zones de transition entre la mer et la terre, l’eau douce et l’eau salée, les estuaires ou ria présentent un véritable intérêt biologique. Constamment alimentés en éléments nutritifs et limons par les cours d’eau, ces milieux accueillent une vie abondante et diversifiée. Cet apport nutritif entraîne une productivité en phytoplancton et zooplancton considérable, faisant des estuaires, un élément clef de la vie des mers et des océans.

Petit poisson deviendra grand …

Mytiliculteurs et ostréiculteurs l’ont bien compris, les estuaires recèlent d’importantes ressources nutritionnelles favorisant le développement des jeunes moules et huîtres. Près de 80% de la faune piscicole marine est dépendante des estuaires, à un moment ou à un autre de son cycle de vie. Ils servent essentiellement à la reproduction (frayères) et au grossissement des juvéniles. Aussi, ne pas respecter ces milieux condamnerait une partie des activités économiques maritimes et réduirait considérablement la biodiversité aquatique.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Mytiliculture en baie de la Fresnaye
Mytiliculture en baie de la Fresnaye

La table y est bonne …

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Oiseaux de fond de baie: huitrier pie, bernache cravant, becasseau variable, ...
Oiseaux de fond de baie: huitrier pie, bernache cravant, becasseau variable, ...

Les estuaires sont des carrefours de migration où le climat clément et l’abondance de nourriture attirent chaque hiver une diversité d’oiseaux. Certains aiment y faire étape, c’est le cas de la macreuse noire, tandis que d'autres y ont élu domicile pour leur nidification, comme le tadorne de belon. Selon les époques, une multitude d’oiseaux peut être observée offrant un spectacle animé : les limicoles (chevalier gambette, courlis cendré, ...) aux longues pattes et têtes baissées cherchant des crustacés ou des vers à déguster, les anatidés comme la bernache cravant, croupion en l’air et tête dans l’eau broutant les plantes des prés-salés, ou encore les laridés comme les goélands, opportunistes, a l’affût de nourriture à dérober.

 Un recensement réalisé par le GEOCA (Groupe d’Etude Ornithologique des Côtes d’Armor), en baie de la Fresnaye, a montré que près de 140 espèces d’oiseaux exploitent ce fond de baie. De quoi passer de longues heures accroché à ses jumelles !

Entre Slikke et Schorre, une biodiversité adaptée …

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Vasière et pré-salé du marais de Sables d'Or les Pins
Vasière et pré-salé du marais de Sables d'Or les Pins

La slikke regroupe les vasières recouvertes à chaque marée. D’apparence désertique, elle abrite pourtant une vie abondante. Une grande part est microscopique et constitue le premier maillon d’une chaîne alimentaire complexe, favorisant la présence de bivalves, de petits gastéropodes brouteurs, de crabes verts, de poissons brouteurs et chasseurs (mulets, carrelets, bars,…).

Le Schorre, quant à lui, correspond à la partie haute des vasières. Il n’est recouvert qu’occasionnellement par les marées et permet ainsi à une végétation dite halophile (adaptée au sel) de s’y développer. En fonction du degré de régularité de recouvrement par la mer, différents végétaux colonisent ce milieu. Les parties les plus basses abritent des espèces telles que la soude (Sueda maritima) et l’aster maritime (Aster tripolium). Les zones les moins inondées abritent les salicornes, spartines, et lavandes de mer. Enfin, les zones intermédiaires se reconnaissent par la présence de l’Obione, d’aspect plus buissonneux.

Retour haut de page