La lande

Les landes sont une des composantes remarquables du paysage des Caps. Au sommet de leurs falaises, le plus vaste ensemble de landes littorales des côtes françaises se dessine. En apparence très homogène, la lande varie selon l’état d’humidité et la nature du sol. Ainsi différentes bruyères, nuancier de violet-rose, associées à des ajoncs, nuancier de jaune, se rencontrent et reflètent la diversité floristique présente. Cachée dans ce couvert végétal, une avifaune riche et singulière s’y développe participant à l’intérêt écologique important des landes.

A la fois éternelle et temporaire …

Plus les sols sont riches et abrités des vents, plus la lande aura tendance à évoluer naturellement vers l’embroussaillement ou le boisement. Ainsi, la majorité des landes actuelles est l’héritage historique des pratiques pastorales et d’écobuage qui entretenaient ce milieu. Sans cette intervention humaine, une partie de ce paysage remarquable aurait disparu.

A l’inverse, sur les hauts de falaises très exposés aux vents, et sur sol très pauvre, la lande est dite climacique. Ce couvert végétal original n’est pas évolutif et restera toujours ainsi. Les agressions du vent et des embruns en sollicitant constamment la végétation l’empêchent d’évoluer. Dans ce cas de figure, un piétinement régulier suffit pour faire régresser la végétation, et exposer le sol, ainsi mis à nu, à une érosion par le vent.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Lande en fleurs
Lande en fleurs

Un paysage structuré …

La lande est l’appellation générique que l’on donne au milieu. En fonction de l’humidité et de la richesse du sol liées à la géologie, on distingue plusieurs formes de lande associées à un cortège végétale différent.

Sur les buttes, appelées localement rillons, formées par des filons de Dolérite (magma balsatique), on trouve des landes sèches hautes à ajonc d’Europe, pouvant évoluer vers des friches constituées de fougères, ronces et saules. En effet, la Dolérite, roche basique, riche en minéraux ferromagnésiens et en calcium, permet le développement de sols fertiles par opposition au grès.

Dans les cuvettes, constituées essentiellement de Grès, le sol y est acide et très pauvre. Ainsi en descendant vers les fonds de cuvettes, l’humidité étant de plus en plus marquée, on assiste à une évolution progressive de la lande et à un étagement de la végétation. Dans les hauts de pentes secs, on observe la bruyère cendrée et la callune, toutes deux appréciant avoir les pieds bien au sec. On parle de lande sèche rase à bruyères cendrées et callune.

Puis, elle fait place progressivement à une lande un peu humide à bruyère ciliée et à ajonc de Le Gall. Ses espèces affectionnent des sols un peu plus humectés.

 Enfin, cette dernière est à son tour supplantée par une lande humide à bruyère à quatre angles et à molinie bleue, qui aiment particulièrement avoir les pieds dans l’eau.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Les différentes espèces de bruyère et d'ajonc composant la Lande
Les différentes espèces de bruyère et d'ajonc composant la Lande

Une répartition animale en fonction du couvert végétal …

La structuration des groupements végétaux, cités précédemment, influe sur les espèces animales qui les fréquentent. Ainsi, les landes des caps abritent une multitude d’espèces patrimoniales et remarquables. Quelques exemples ciblés :

- Les mares de fond de cuvette servent à la reproduction des batraciens dont les rares tritons crêtés, tritons marbrés et crapauds calamites.

- Les landes humides abritent la gentiane pneumonanthe et son papillon hôte, l’exceptionnel azuré des mouillères.

- Les landes rases sont les zones d’alimentation d’oiseaux remarquables, que sont l’engoulevent d’Europe ou la fauvette pitchou (nichant dans les grosses touffes d’ajoncs).

- Les saulaies servent à la nidification des engoulevents ; de route de vol ou de terrain de chasse pour les Chiroptères ; et de site d’hibernation pour le triton crêté.

 Pour toute cette diversité, les landes sont des espaces naturels d’intérêt communautaire majeur pour notre territoire !

Une drôle de chevelure qui se développe sur les ajoncs

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - La cuscute, plante parasite
La cuscute, plante parasite

Sur les caps, en début d’été, des filaments rouges, semblables à des mèches de cheveux, apparaissent exclusivement sur les buissons d’ajonc. Il s’agit d’une plante parasite, de la famille du liseron, appelée cuscute. La cuscute détecte les composants chimiques volatiles présents dans l'air pour trouver sa plante hôte. Elle "sent" les "odeurs" émises par l’ajonc. Une fois qu’elle atteint son hôte, elle s'enroule autour des tiges. Si l'hôte contient des nutriments bénéfiques, la cuscute se met à produire des suçoirs qui s'insèrent dans le système vasculaire de l’ajonc et va vivre ainsi à ses dépens.

Côté imaginaire ...

La lande est un milieu privilégié pour ses contes et légendes.

 La fameuse « cuscute » ne serait pas une plante mais la preuve de la présence d’un diable aux cheveux rouges circulant sur la lande. En effet, chaque soir, un diable déambule sur les landes à la recherche d’une âme. Pris parfois de grande fatigue, il s’allonge sur la lande et se sert de l’ajonc comme d’un oreiller. A son réveil, quelques mèches de cheveux restent accrochées aux épines des ajoncs ...

 Saviez-vous également que quelle que soit l’époque de l’année où vous vous baladez sur les landes, vous pourrez toujours observer quelques buissons d’ajonc en fleur. Ce phénomène étrange provient d’un pacte contracté entre le diable et le gardien du paradis pour permettre aux bretons d’y monter ...

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