La dune

Les dunes ont de grandes qualités paysagères et sont des lieux de relaxation très prisés mais ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Le Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel recèle une extraordinaire diversité de formes de dune (classique, perchée et en flèche).

Elles abritent une faune et une flore riches et originales, adaptées à ces milieux très difficiles. Elles y ont développé différentes stratégies d’adaptation pour résister aux aléas et, survivre est le maître mot des espèces dunaires.

La dune est en fait un genre de « steppe désertique » en pleine Bretagne. Très discrète, la biodiversité ne s’y révèle qu’à celui qui prend le temps de la regarder, la position à « quatre pattes » est ici la plus appropriée. Il est possible d’y observer jusqu’à une quarantaine d’espèces végétales différentes au m². On notera par exemple les rares orchidées comme l’Ophrys araignée ou encore l’Ophrys brun. Enfin, elles forment également des barrières naturelles contre les tempêtes et les débordements de mer.

Refuge d’une faune et d’une flore spécifiques …

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Escargots des dunes
Escargots des dunes

Du fait de cette perpétuelle évolution, les espèces végétales n’ont que très peu de temps pour s’implanter. C’est pourquoi, dans les dunes embryonnaires et mobiles, on trouve surtout des espèces pionnières et fixatrices de sable (végétaux psammophiles) qui ont des racines très profondes afin de trouver de l’eau et des nutriments : le chiendent des sables, l’oyat, espèce emblématique du milieu dunaire,ou le panicaut maritime.

Pourtant, malgré des conditions difficiles (vent, sable, embruns, sols pauvres en nutriments, sécheresse) des espèces trouvent des parades et évoluent. Les escargots des dunes, par exemple, se regroupent au sommet des végétaux aux heures les plus chaudes afin de fuir le sable brûlant.

Sur les dunes grises, la biodiversité est plus importante car le milieu est moins contraignant. La richesse de ce milieu lui a d’ailleurs valu d’être classé en habitat prioritaire par l’Union européenne (Natura 2000). On y trouve beaucoup de mousses (tortula) et de lichens (cladonie) qui peuvent aller jusqu’à se déshydrater en ralentissant leur métabolisme afin de résister à la sécheresse. D’ailleurs, on appelle cette zone la dune ‘grise’ en s’inspirant de la couleur que les lichens lui donnent.

Cependant, ces milieux bénéficiant d’une forte biodiversité restent très fragiles…

 

Des milieux en constante évolution …

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - La laisse de mer
La laisse de mer
Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Les différents milieux dunaires
Les différents milieux dunaires

Les dunes sont composées de milieux différents, ainsi, on peut y rencontrer des écosystèmes variés. En allant de l’océan vers les terres, on trouve : le haut de plage, la dune embryonnaire, la dune blanche et la dune grise. Plus on s’éloigne de l’océan, donc du vent et des embruns, plus le sable est stable.

Sur les hauts de plage, on trouve la laisse de mer, ce cordon composé d’algues et de débris divers. C’est un véritable écosystème auquel sont liées plus d’une centaine d’espèces dont de nombreux invertébrés comme le talitre (puce de mer) et qui sert d’engrais à la flore de la dune embryonnaire.

Les dunes embryonnaires et blanches sont les plus fragiles. Leur morphologie varie d’une saison à l’autre. En effet, à la belle saison, elles connaissent un engraissement grâce aux marées, elles prennent ainsi du volume. A l’inverse, en automne et en hiver ces dunes sont victimes de l‘érosion lors des grandes marées combinées avec des tempêtes. Ainsi, grâce à ce cycle naturel, il y a un relatif équilibre des échanges sableux entre l’océan et les dunes, tant que l’on ne prélève pas de cette ressource.

 

Une formation fossile …

Ces masses de sable fossiles gigantesques se sont formées en quasi-totalité durant les périodes glaciaires. Le niveau de la mer y avait baissé jusqu’à plus de 100 mètres et avait laissé exposés aux vents ses fonds sableux découverts. Sous l’action éolienne des montagnes de sables sont parties à l’assaut des collines et falaises, formant ainsi les dunes.

Certaines dunes se trouvent en haut de ces falaises, c’est pourquoi on les appelle « dunes perchées » ou « plaquages dunaires » (dunes du Lourtuais ou du Portuais, de la Fosse…).

Les végétaux sont venus coloniser ces dunes ce qui a permis de les stabiliser. En effet, leur système racinaire agit comme un ciment en fixant les particules de sable. Ainsi, à la fin du XVIIe siècle, les grands massifs dunaires étaient fixés entre le cap d’Erquy et le cap Fréhel.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Dune suspendue du Lortuais au Cap d'Erquy
Dune suspendue du Lortuais - Cap d'Erquy

Les dunes en danger …

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - La Dune de Sables d'Or les Pins dans les années 20.
La Dune de Sables d'Or les Pins dans les années 20.

Autrefois, l’originale dune des Sables d’Or était le massif le plus haut et le plus vaste de la côte Nord Bretagne. Cette « dune du Pyla » Bretonne a d’ailleurs servi de lieu d’entrainement pour des missions désertiques. Elle est aujourd’hui en grande partie enfouie sous l’urbanisation des années 30. On peut encore aujourd’hui en observer la rare flèche dunaire de 4.6 ha mais aussi de jolis restes bien cachés dans la vallée de Diane.

Le stock de sable que constitue la dune n’a la capacité de se renouveler que de l’ordre de 1% par an. Le moindre prélèvement ou perturbation contribue donc très rapidement à la régression de ce milieu. Plusieurs facteurs expliquent le recul actuel notamment la montée du niveau des mers, l’extraction de granulats en mer ou sur les plages, l’urbanisation, le tourisme, les piétinements… Tout cela accélère l’érosion naturelle des massifs dunaires en détruisant leur équilibre.

La nécessité d’une gestion appropriée …

Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel - Moyen de gestion : les ganivelles
Moyen de gestion : les ganivelles

Le mode de gestion privilégié de la dune blanche reste la ‘non-intervention’, le milieu étant très fragile et mobile, il est difficile de le contrôler. La gestion consiste donc à les aider à se maintenir par la réduction de facteurs perturbateurs tels que le piétinement. A des fins réparatrices, il est possible d’envisager, par exemple, des plantations d’Oyats sur les dunes mobiles ou encore la pause de clôtures/ganivelles.

La dune grise quant à elle présente souvent une dynamique de végétation plus importante. Il peut être nécessaire d’y réguler l’évolution de la végétation afin d’y maintenir un habitat ouvert riche en espèces remarquables.

Coté imaginaire !

On raconte que l’éclat du sable de la flèche dunaire des Sables d’Or vient d’une légende. Autrefois, l’îlot Saint Michel, situé non loin de la plage, gardait un trésor dans sa chapelle. Un jour, cet îlot fut englouti par les flots et son lingot d’or dispersé sur la côte. Ainsi naquit une plage et une dune scintillante…

Retour haut de page