Le bocage

C’est un espace rural où les cultures et les prés sont délimités par des levées de terre sur lesquelles poussent des haies ou des rangées d'arbres. En arpentant le Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel, on découvre quelques lieux où ce maillage bocager est encore bien présent.

Une histoire qui remonte au Moyen-âge ...

Le bocage a été façonné par l’Homme. En Bretagne, l’histoire du bocage remonte au Moyen-âge. L’augmentation des besoins en céréales oblige les hommes à défricher les boisements pour gagner de la terre. Plus tard, on se spécialise dans l’élevage, et chaque parcelle est enclose par des murets, des talus ou des haies. Tout ce maillage n’est pas créé au hasard, les réseaux de haies, talus et fossés permettent de ralentir l’eau le long des pentes. Les haies fournissent des petits fruits et du bois.

Jusqu’au début du 19ème siècle, les plantations de haies vont augmenter. Après la seconde guerre mondiale, la mécanisation de l’agriculture s’intensifie. Le tracteur remplace le cheval et les obstacles au passage des nouveaux engins sont éliminés. C’est l’époque du remembrement : faciliter l'exploitation agricole en regroupant et en augmentant la taille des parcelles.

Un patrimoine précieux en danger !

L’agriculture paysanne fait place à l’agriculture industrielle. Ce sont environ 40 000 km de haies qui disparaissent en Bretagne. Ce changement s’accompagne de la disparition de nombreux chemins ruraux, de l’assèchement de zones humides et de la modification du réseau hydrographique (calibrage de ruisseau).

Aujourd’hui, l’arasement des haies de manière intensive n’est plus d’actualité, pourtant le maillage bocager continue de disparaître malgré des efforts de replantation (programme Breizh bocage).

 

« Vous avez dit précieux ? »

Les rôles bénéfiques des haies et talus pour l’environnement sont apparus progressivement mais aujourd’hui on connaît leurs effets positifs :

 

Pour l’eau

Les haies perpendiculaires à la pente (en particulier celles perchées sur un talus) ralentissent l’écoulement des eaux de ruissellement, permettant de limiter l’érosion des sols. Elles n’éliminent pas le risque d’inondation mais elles régulent en partie le débit des eaux de ruissellement. Par cette action de frein au ruissellement, les haies limitent la diffusion d’éléments chimiques transportés par les particules de terre ou l’eau. Les différentes études scientifiques démontrent très clairement l’effet « pompe à nitrates » des haies.

 

Pour l’agriculture

Les haies forment des barrières végétales qui servent de brise-vent et protègent les cultures contre l'averse ou les vents asséchants. Elles servent de refuge au bétail et contribuent ainsi à leur productivité. S’il est vrai qu’une haie réduit le rendement d’une culture immédiatement à son pied, parallèlement elle augmente son rendement sur une distance de dix fois sa hauteur.

Longtemps dédaigné et chassé des champs, l’arbre fait aujourd’hui son retour ! Les scientifiques ont prouvé que nos anciens avaient raison. La production d’arbres en plein champ de culture augmente la rentabilité financière d’une parcelle tout en étant bénéfique pour l’environnement.

Enfin, le bocage est un refuge pour de nombreux animaux, dont certains très utiles pour l’agriculture. On les appelle les auxiliaires. En limitant les populations de ravageurs, certains prédateurs tels que les rapaces nocturnes ou diurnes, les chauves souris, les mustélidés, les hérissons, les coccinelles et autres insectes sont de précieux alliés pour les cultures.

 

Pour la biodiversité

Le bocage contribue nettement à la biodiversité. D'une part, la haie est constituée de strates floristiques qui sont autant de milieux de vie pour une faune diversifiée. Tour à tour, elle sert de garde-manger, de refuge, de lieu de reproduction, de site d’hivernage.

D’autre part, le maillage forme un réseau de corridors verts, outil de dispersion important entre les différents milieux. Chaque disparition de haies est une chance en moins pour les plantes herbacées, les coléoptères carabiques et de nombreuses espèces d’oiseaux de se disperser. Quand des espèces ne peuvent plus circuler, se disperser, se rencontrer, se reproduire, c’est la fin annoncée de leur population.

 

Pour l’homme

Depuis toujours, la haie est un réservoir en bois de chauffage et bois d’œuvre. Les formes étranges de certains arbres traduisent cette utilisation. A chaque étage, son lot de surprises gourmandes pour le promeneur. Au niveau du sol champignons et mûres..., à porter de bras noisettes, prunelles, baies de sureau, cenelles... et plus haut ce sont les châtaignes qui vous narguent, à croquer sur place ou à emporter.

 

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